Posté par Yann Essabe, le 22 janvier 2026
Le ministère de l’Éducation nationale et l’ensemble des syndicats du secteur éducation ont finalement signé, mardi 20 janvier 2026, un protocole d’accord de suspension de grève dans lequel l’exécutif s’engage à respecter point par point et selon un chronogramme détaillé, les revendications des enseignants.
Par Yann Essabe
L’apaisement et la responsabilité ont finalement prévalu entre les différents acteurs de la crise de l’éducation nationale, notamment le ministère de tutelle et les partenaires sociaux réunis autour de SOS Éducation, le syndicat de l’éducation nationale (SENA) et le syndicat national de l’enseignement technique et professionnel (Syntechpro). L’impact de cette mesure salutaire devra se lire dès le 25 février prochain. Au-delà, il revient désormais aux enseignants de mettre un peu d’eau dans leur vin afin de sauver une année scolaire qui a pourtant débuté sous de bons auspices. Le retour dans leurs classes respectives étant devenu un impératif d’autant plus que certains enfants inscrits dans les écoles privées continuent d’aller à l’école.
Cette attitude de deux poids deux mesures est antinomique avec l’ambition d’égalité et de développement du pays. Plus que l’hydre de Lerne, les problèmes de l’Éducation nationale peuvent cesser de ressembler au mythe de Sisyphe à travers des politiques courageuses et innovantes, loin des expériences recuites qui ont montré leurs limites. Pour sortir de la gestion par à-coups ou situationnelle des crises, certains spécialistes de l’éducation appellent à la mise en place d’un audit national sur l’état de l’école aujourd’hui (infrastructures, formation des enseignants, situations administratives, etc.) et la création d’un cadre permanent de concertation, d’échanges et de suivi-évaluation qui réunirait l’éducation nationale, la fonction publique et les finances ainsi que les partenaires sociaux.
Le jusqu’auboutisme syndical actuel est une remise en cause du discours public, véritable instrument de confiance et d’apaisement des crises. Car, le risque d’une récupération par des acteurs politiques est garanti. Lors des derniers rassemblements de SOS Éducation, d’aucuns ont été surpris de l’intrusion d’anciens syndicalistes et hommes politiques devenus et en manque de visibilité. C’est la conséquence de l’enlisement, d’où la célérité louable du gouvernement dans la recherche des solutions. En appelant à la radicalisation du mouvement, d’autres acteurs, tapis dans l’ombre ont espéré un effet domino dans les autres secteurs majeurs de la vie sociale que sont la santé et l’enseignement supérieur, avec pour effet induit, une crise sociale de grande ampleur et une remise en question de la gouvernance actuelle. Ce schéma élaboré par des officines noires, a finalement fait pschitt.
Ces vieilles recettes méphitiques ne doivent plus prospérer sur l’autel du bien-être et de la dignité des Gabonais qui aspirent désormais au bonheur grâce aux conditions salariales et un environnement de travail assainis. C'est enfin le lieu de féliciter le ministre d'État en charge de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, pour la dextérité et le savoir-faire avec lesquels elle a géré les choses. Proche des enseignants et de leurs préoccupations, sa compétence, son expérience, ses qualités personnelles et son sens du compromis ont fortement contribué au dénouement d'une crise qui semblait s'enliser inexorablement.
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22/01/2026 à 11:09
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